Pleure mon enfant

Les pleurs effraient les gens. Une démonstration d’une douleur émergeant d’un espace sacré. Lorsque ces larmes d’or coulent sur nos joues, l’inconfort d’autrui est palpable. Le sentiment d’impuissance nous habite et ce, depuis notre tendre enfance. Il a été nourri afin de faire de nous des « héros ». C’est plus noble d’être l’héros du moment que d’incarner le maître du « tough love ».

Nous voulons prendre la peine, la douleur de l’autre, l’envelopper de soie délicieusement confortable et ce, souvent au profit de notre propre confort. On nourrit cette image judéo-chrétienne que pour être accepté au paradis, le sacrifice doit faire partie de notre cheminement. Ceci est considéré comme étant l’acte d’un bon humain. Mais n’est-ce pas égoïste, au contraire? Qui sommes-nous pour connaître ce que l’autre a besoin? Est-ce que nous transposons pas plutôt ce que nous portons sur l’autre, de la projection? Est-ce que l’âme ne nous arme pas pour ces batailles? N’est-ce pas un passage transitoire pour justement devenir un meilleur humain dans son indépendance intérieur?

Laissez l’autre dans sa souffrance nous fait peur. Il reflète notre propre relation avec l’affrontement de la douleur. Mais si nous acceptions que le support ne soit pas assurément avec des paroles et un contact physique mais plutôt avec un regard de compassion ainsi que la création d’un espace sécuritaire pour plonger dans ces zones d’apprentissage personnel.

C’est dur de regarder tomber quand tu vois la photographie complète d’un œil extérieur.

Ce lâcher-prise du contrôle du cheminement de nos êtres aimés demande un travail ardu de patience et de foi en la vie. Nous devons tous tomber, se faire mal et en pleurer seul pour ensuite mieux se relever et grandir.

Certains événements laissent des marques plus profondes que d’autres. Ces tatous de vie nous permettent cependant de nous rappeler par où nous sommes passés. Ils font partis de notre carte intérieure des chemins que nous ne devrions plus emprunter et ainsi mieux nous guider vers notre mission sur cette terre.

Alors laissons nos proches pleurer et le vivre pleinement puisque c’est sain et beau. Ne disons rien. Démontrons de la force et valorisons le support par notre présence plutôt que de prendre ce qui ne nous appartient pas. Laissons-lui la récolte de sa sagesse puisque c’est son cadeau et apprenons à cueillir nos propres fruits.

Chacun a son propre chemin. Ouvre ton cœur de compassion et asseye-toi dans la patience mon ami.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

w

Connecting to %s