Ahiṃsā & Satya

Non-violence (Ahiṃsā) et vérité (Satya). Deux concepts qui me tourmentent depuis 1 mois. Deux réalités qui me confrontent et qui résonnent à gros coups de tambour dans mon cœur et dans ma tête. Pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec ces termes, ce sont des mots en sanskrit qui ont été partagés par le grand sage Patanjali, l’auteur des Yoga Sutras. Ils font partis des codes de conduites morales (Yamas) afin de devenir un être plus éveillé, en pleine conscience et qui développe amour et compassion.  Les 195 aphorismes qui constituent les sutras sont une étude profonde sur la psyché humaine alors rien d’étonnant d’être bouleversée par leurs puissances.

Ils permettent de nous observer, que ce soit par nos comportements, nos pensées et nos émotions.  Faire l’introspection de qui nous sommes vraiment, le soi qui est caché et souvent terrifié car nous craignons de le découvrir puisque nous n’acceptons pas qui nous sommes. Nous regarder avec une loupe de dentiste et observer comment nous agissons, c’est très difficile. Accepter que nous avons des faiblesses et que nous ne sommes pas parfaits, ça aussi c’est très difficile.

Les moments où tu n’étais pas bien à un endroit, dans une relation ou à un travail mais que tu es restée, malgré ta petite voix intérieure qui te disait de fuir, c’est aussi de la violence. Les pensées négatives et dégradantes que nous avons souvent pour nous même se retrouvent aussi dans Ahiṃsā, la non-violence. Rappelez-vous les moments passés devant le miroir et dans une salle d’essayage, ceux où nous nous auto-flagellons. Les situations et les relations sont les reflets de ce qui se passe à l’intérieur. Quand nous nous dénigrons nous-même, nous attirons de l’extérieur ce sentiment d’être moindre et qui sera trop souvent enrichi.  Ils sont nos perceptions propres à chacun face à une expérience.

Il ne faut pas oublier que le concept de non-violence s’applique également pour les autres. Nous savons tous que balancer agressivement des mots à quelqu’un verbalement est de la violence, mais toutes les fois où nous ne l’avons pas dit de vive voix mais que nous y avons pensé avec véhémence et conviction, ça aussi c’est de la violence. C’est à ce moment que je réalise que ouin.. mon cœur n’est pas toujours remplie d’amour. Je suis très dure envers moi-même, je veux contrôler, je veux être parfaite devant les autres. Je me sens valorisée et fière d’être meilleure mais ceci n’est qu’une façade qui cache une petite fille vulnérable qui a peur.L’amour que j’aimerais recevoir, je ne me la donne même pas à moi-même, comment puis-je espérer la recevoir. L’amour et la non-violence commence par soi.

Je pense à toutes les fois où nous avons manger au point de se faire vomir (ou presque), entretenir des relations malsaines, des pensées maladives et destructrices, entrer dans des situations non-désirables, et je réalise que je me suis faite mal, très mal et très souvent.

Se dire les vraies choses, la pure vérité, sans filtres, sans jugement, c’est possiblement le plus dur jusqu’à présent. Assumer et reconnaître cette vérité, c’est effrayant. Mais Satya me fait grandir. J’apprends à ne rien me cacher. Je n’y arrive pas toujours, même parfois pas du tout, mais j’observe. Tout dire à tout le monde selon nos humeurs, car c’est notre vérité présentement, n’est pas une solution non plus. Nos paroles peuvent blesser, souvent plus que les coups physiques. Notre jardin personnel est important et il faut le cultiver et le préserver. Il faut par contre s’aventurer en s’avouant la vérité dans tout ce qu’elle est, belle ou moins belle. Et ça my friends, c’est pas facile.. Je m’encourage en me disant que pour pouvoir rebâtir une base solide, il faut bien souvent bousculer celle existante et que c’est la beauté humaine. Défaire ces préjugés envers nous, apprendre à aimer dans son entièreté, à écouter que ce soit envers nous ou les autres, regarder les autres comme nous aimerions être regarder, développer la compassion et l’harmonie avec ce qui nous entoure. À chaque jour, je suis un peu plus proche de mon objectif et ça me donne des ailes de gratitude pour ce que nous avons. J’apprends à aimer mes faiblesses, mes côtés sombres, mes rires, mon corps, mes actions, mes points de vue et celles des autres. Merci Patanjali!

Et vous, faites-vous violence?

 

 

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